Musique en ligne : la fin des artistes ?

Dans un précédent article nous vous avons présenté Spotify, la plateforme de streaming musical en vogue, concurrente d’Apple Music, et autre Deezer. Cependant, cette plateforme et plus généralement l’écoute de musique en ligne n’est pas sans couac et fait grincer les dents des artistes… au point où certains qualifient ces solutions de véritables « artists killers ». Mais qu’en est-il vraiment ?

Explosion des écoutes en ligne…

Les données sont claires : entre 2015 et 2016, les ventes de musique en ligne ont progréssées de plus de 45 % dans le monde et désormais en France, près de 36 % de la musique vendue se fait au format Numérique. Rien que pour l’Hexagone cela représente près de 18 milliards de chansons écoutées en 2015, et un chiffre d’affaires global de plus de 100 millions d’euros.

A l’heure où nous pourrions croire que ces chiffres sont excellents, et se laisser griser par ces derniers, pensant que l’ère du « MP3 pirate » est révolue, il semble que côté « artiste » le bilan soit bien plus négatif !

Des artistes menacés !

Alors que le label Warner a annoncé que désormais pour lui la vente de musique en ligne dépasse celle des supports physiques, les artistes font grise mine. En effet, même si potentiellement la distribution de leur création via les plateformes de streaming permet une plus grande diffusion, le niveau de rémunération est tout autre.
Une récente étude de GL Connection , révèle en effet que là où un artiste pouvait percevoir jusqu’à 0,71 euros par album physique vendu, en streming, chaque chanson rapporte à l’écoute entre 0,00007 euros et 0,004 euros !

Ladite-enquête va plus loin et révèle que pour qu’un artiste puisse toucher l’équivalent d’un SMIC français, là où la vente de 1602 albums suffisait, il faudra désormais compter entre 572 000 et 15 444 000 lectures de son morceau pour obtenir un revenu équivalent.

Cette situation rend donc de plus en plus difficile la création d’œuvre élaborées, et même la mise en place de tournées.

La nécessaire adaptation et le « revival »

Même si ce bilan « financier » n’est guère joyeux, la distribution d’œuvres musicales au format numérique répond désormais à un besoin des mélomanes, sur lequel il sera difficile de revenir.
Aussi l’adaptation du marché de la musique devient nécessaire, et des artistes l’ont bien compris. Alors que certains s’opposent « bec et ongles » contre le streaming musical, refusant de voir leurs créations numérisées, d’autres s’en accommodent, et vont même à contre-courant. Alors que bien des artistes avaient pris l’habitude de ne pas soigner le packaging de leurs albums, ils semblent désormais avoir tiré les leçons et proposent à leurs fans de superbes versions physiques de leurs disques. Parmi ces artistes citons par exemple Paul McCartney, qui depuis près de 2 ans réédite ces albums sous la forme d’un luxueux coffret, avec livres, photos, souvenirs, et goodies. Des « accessoires » qui font indéniablement préférer la version physique au numérique !

D’autres artistes ont aussi décidé d’opter pour le « vinyle Revival » en proposant la publication de leurs albums en disque 33 T, avec des designs exclusifs !

La musique en ligne est donc désormais incontournable. Si cet article est parfois peu optimiste, rappelons que parmi les avantages des plateformes de streaming figure la possibilité pour les jeunes artistes, ne disposant que de peu de fonds de se lancer et de diffuser largement leur contenu, sans avoir à subir les refus des maisons de disque, ou bien la lourdeur du circuit de distribution.

Et vous, avez-vous cédé à la musique en ligne ?

Auteur de l’article : MidiMoinsCinq